Aurelie Bortolussi Rédactrice Web

La tiny house, une tendance immobilière
en plein essor ?

Pénurie de logements, flambée des prix, il est de plus en plus difficile de se loger en France. Pourtant, au milieu de ce marché immobilier sous tension, des mini-maisons se font progressivement une place. On comptait 2 000 tiny houses sur notre territoire en 2023 et la demande ne cesse d’augmenter dans les zones rurales et périurbaines. 

Le phénomène des tiny houses séduit de plus en plus les personnes en quête d’un mode de vie minimaliste, mais aussi les jeunes actifs, les étudiants et les investisseurs. 

Une tiny house, qu’est-ce que c’est ? C’est littéralement une minuscule maison, souvent posée sur des roues. On y trouve toutes les caractéristiques d’une vraie habitation : chambre généralement en mezzanine, kitchenette, salle d’eau, rangements, pièce de vie. Avec le confort nécessaire : chauffage, plomberie, fenêtres, isolation, souvent une terrasse.

Sa superficie est traditionnellement inférieure à 30 m2 avec une surface au sol de 14 m2 minimum.

La tiny house nous vient des États-Unis. Le concept a pris son essor après l’ouragan Katrina de 2005 qui a dévasté la Nouvelle-Calédonie en laissant des milliers de personnes sans logement. La crise des subprimes de 2008, et la faillite de la banque Lehman Brothers entre autres, a ruiné bon nombre d’Américains qui se sont tournés naturellement vers ce genre d’habitat peu coûteux.

En France, la tiny house séduit déjà depuis quelques années les personnes à l’âme écolo. Plus étonnant, elle intéresse désormais un autre public grâce à ses perspectives économiques intéressantes.  

La tiny house prend de l’essor en France. Voyons comment elle s’impose comme une solution innovante et attractive sous trois angles : sa vocation écologique initiale, son potentiel financier séduisant à la fois consommateurs et investisseurs et les contraintes législatives de ce nouveau type d’habitat.

tiny house interieur

La tiny house, un mode de vie écologique en priorité

Vivre dans une tiny house, c’est avant tout une démarche responsable pour un style de vie minimaliste dans un logement durable

Une micro-maison, c’est tout petit, mais c’est très bien pensé. La surface totale est optimisée avec des espaces modulables, des meubles et des rangements astucieux et tout le confort nécessaire, même s’il est sommaire.

La durabilité est le critère numéro un pour une tiny house. C’est un logement écologique construit à partir de matériaux de récupération ou neufs :

  • Du bois pour la structure et le plancher, souvent certifié issu de forêts responsables
  • Des fibres naturelles pour l’isolation (lin, chanvre, vêtements recyclés, coton, bois)
  • De la tôle acier pour la toiture
  • Des peintures sans composés organiques volatils (COV)

L’objectif principal est de réduire au maximum son empreinte carbone et donc son impact sur l’environnement. 

tiny house exterieur

La tiny house est aussi un logement peu énergivore. Elle utilise souvent des solutions d’énergie renouvelable avec, au choix, des panneaux solaires, un toit végétalisé, une éolienne, la récupération des eaux de pluie, des toilettes sèches, etc. 

Les occupants de tiny house adoptent fréquemment une démarche responsable dans leur vie quotidienne : recyclage d’objets, compost, préférence pour le vélo plutôt que la voiture, alimentation bio et locale, potager personnel…

L’intérêt de la tiny house, c’est son emplacement en milieu rural ou périurbain. La crise du Covid de 2020 a suscité le besoin de se reconnecter à la nature pour les citadins privés de jardin ou d’espace extérieur. Une mini-maison mobile permet de changer d’environnement à son gré et de découvrir de nouveaux endroits.  

La tiny house est donc un habitat construit de façon écologique avec des matériaux durables, qui réduit l’empreinte carbone et qui va de pair avec une vie minimaliste et nomade. Des arguments qui la rendent de plus en plus populaire aux yeux des Français. Et encore plus si on y ajoute l’aspect financier.

tiny house --

Entre alternative économique et opportunité d’investissement

D’abord pensée pour l’écologie, la tiny house se transforme progressivement en solution économique pour les victimes de la crise du logement. Et elle attire de plus en plus d’investisseurs qui y voient une source de profit.

Pour des raisons financières évidentes, la tiny house commence fortement à intéresser les jeunes actifs et les étudiants qui peinent à trouver une location décente à prix abordable. Toujours plus proches des transports en commun et en périphérie des villes, les tiny houses en location longue durée coûtent quelques centaines d’euros par mois à leurs locataires. Et pour ce prix, on est loin de la chambre de bonne insalubre louée par les marchands de sommeil. Certaines mini-maisons sont presque luxueuses. 

À l’achat, il faut compter entre 20 000 et 80 000 € la tiny house. Les tarifs varient selon les matériaux utilisés pour sa construction, la superficie, les options choisies (mode de chauffage, meubles, revêtement) et le niveau d’aménagement souhaité. Il est aussi possible d’acheter une tiny house d’occasion.

Économie non négligeable en cas d’acquisition, pas de frais de notaire à payer, ni taxe foncière ni taxe d’habitation tant que vous n’êtes pas propriétaire du terrain sur lequel vous vous installez.

On est donc bien en dessous des tarifs pratiqués pour la construction de logements neufs, même pour un studio de 30 m2 puisque la tiny house n’est pas impactée par la hausse du coût des matériaux de construction. De quoi faire rêver les investisseurs et les constructeurs de tiny house. 

Ces derniers sont d’ailleurs en augmentation. On compte aujourd’hui près de 150 entreprises dans le domaine de la tiny house en France. C’est 50 % d’augmentation par rapport à 2022. Et en 2023, ce sont environ un millier de tiny houses qui ont été construites.

tiny house etudiant

D’ailleurs, selon une étude de Mordor Intelligence (société américaine spécialisée en recherche et analyse de marché), le marché mondial de la tiny house devrait atteindre 20,16 milliards de dollars en 2025 et 25,73 milliards en 2030 avec un taux de croissance annuel de 5 %. 

En France, les tiny houses représentent un chiffre d’affaires estimé à 30 millions d’euros pour 2023.

La tiny house est aussi une option intéressante pour la location saisonnière avec un tarif pratiqué de 50 à 90 € la nuitée. La possibilité d’alterner facilement sa localisation en fonction des saisons (l’été à la mer, l’hiver à la campagne) est intéressante à condition de se faciliter la logistique en laissant la tiny house sur sa remorque.

D’un côté, solution économique pour les jeunes à revenus modestes, de l’autre, opportunité d’investissement pour les professionnels grâce à un faible coût d’investissement initial, à une flexibilité d’utilisation et à un rendement locatif attractif, la tiny house a un fort potentiel. D’autant que la loi n’est pas très contraignante à son sujet.

Et la législation française dans tout ça ?

Cabanon au fond du jardin, résidence principale roulante, alternative au mobil-home, logement insolite similaire à la yourte ou au tipi, dans quelle catégorie doit-on classer la tiny house ? La Loi ALUR de 2014 (loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové) permet de poser un cadre réglementaire sur cet habitat.

La réglementation place la tiny house dans la catégorie des habitats légers, démontables et mobiles, comme les caravanes. Pour être qualifiée de tiny house, des dimensions maximales doivent être respectées :

  • 2,55 mètres de large
  • 3 tonnes
  • 4,3 mètres de hauteur
  • 12 mètres de long (hors véhicule tractant)

Au-delà de ces dimensions, le permis de conduire B ne suffit plus et une autorisation de convoi exceptionnel est à demander.

Au niveau urbanisme, s’il s’agit d’une résidence secondaire, aucune autorisation spécifique n’est demandée. Vous pouvez alors installer votre tiny house dans votre jardin pour une durée maximale de 3 mois.

S’il s’agit de votre résidence principale, et si la surface au sol est inférieure à 20 m2, une simple déclaration préalable de travaux suffit. Au-dessus de 20 m2, un permis de construire est obligatoire. Enfin, le terrain qui accueille la tiny house doit impérativement être raccordé aux réseaux d’eau, d’assainissement et électrique.

Tiny jardin

On ne peut pas installer sa tiny house n’importe où. C’est interdit dans les endroits suivants :

  • Bois classés
  • Zones Unesco ou sites classés patrimoine historique
  • Zones à forte pression foncière (une mairie peut refuser l’installation d’une tiny house)
  • Zones à risque Seveso (substances dangereuses)
  • Zones inondables

Enfin, comme pour tout logement, une assurance habitation est nécessaire pour la tiny house. Vous devez y ajouter une assurance liée au véhicule tracteur lorsqu’elle est en déplacement.

La tiny house bénéficie donc d’un cadre législatif spécifique en France qui permet d’éviter les dérives et de s’assurer qu’elle s’intègre parfaitement dans le paysage urbain et rural tout en respectant les impératifs d’urbanisme.

Un avenir prometteur pour la tiny house

L’objectif initial de la tiny house est d’offrir un espace de vie fonctionnel et écologique aux personnes désireuses de réduire leur empreinte carbone tout en vivant confortablement. Compte tenu du réchauffement climatique, la mini-maison va faire de plus en plus d’adeptes.

En parallèle, à une époque où le besoin de logements abordables se fait pressant, la tiny house se transforme peu à peu en une alternative économique pour les jeunes actifs et comme une source de rentabilité pour les investisseurs. 

Le cadre juridique qui l’entoure en France rend la tiny house facilement accessible et peu contraignante avec des avantages certains par rapport à l’immobilier classique.

Seul bémol, la tiny house exclut de fait les familles nombreuses et se destine uniquement aux couples et aux personnes vivant seules. 

 

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